« La Sphère d’Or »

de la Compagnie Haut et Court
conception et mise en scène : Joris Mathieu
Une rêverie inspirée de La Sphère d'Or d’Erle Cox et de la Nuit des Temps de Barjavel

  Le Zoom ouvre ses portes le samedi 1er décembre en accueillant le spectacle La Sphère d’or de la Compagnie Haut et Court – Joris Mathieu.
    Réservations
  • Théâtre de Bourg-en-Bresse
    11, Place de la Grenette
    01000 Bourg-en-Bresse
  • Tél : 04 74 50 40 00
  • www.theatre-bourg.com
  En partenariat avec l’EPCC-Théâtre de Bourg-en-Bresse, dans le cadre des « Insolites » initialement prévu en mai dernier et le Conseil général de l’Ain.
Coproduction Festival Micro Mondes, Compagnie Haut et court, Théâtre de Vénissieux, Région Rhône-Alpes.

« Au carrefour du théâtre, de la science-fiction et du multimédia, le dispositif optique imaginé par le metteur en scène est une expérience sensorielle unique qui plonge le spectateur dans un récit fantastique sur l’origine du monde ».
Une rêverie inspirée de La Sphère d'Or d’Erle Cox et de la Nuit des Temps de Barjavel.

Résumé

Le spectacle a été créé dans le cadre du Festival Micro-Mondes - Festival des arts immersifs, résidence au Théâtre de Vénissieux.

Logo du festival Micro Mondes

Il existe quelque part, enfouie sous la terre, une sphère venue de temps lointains. En son sein, une jeune femme plongée dans un demi-sommeil, attend qu'on la découvre avant de se réveiller. Merveilleusement belle, elle est l'incarnation parfaite de la civilisation idéale qui l'a vue naître.
 
A 50 ans d'écart, deux récits (La Sphère d'or d'Erle Cox et La nuit des temps de Barjavel) racontent à peu près cette même histoire. Et si deux livres rapportent les mêmes faits à des époques différentes, alors il convient de prendre ces témoignages au sérieux...

Et s'il ne s'agissait pas vraiment d'une fiction ?
Et s'il existait bel et bien quelque part sous terre, une sphère d'or, avec à son bord une belle et jeune créature, détenant le secret qui nous permettrait de bâtir le meilleur des mondes ?

C'est l'histoire d'un homme dont la vie a basculé.
Porté par le rêve né de ces lectures, il abandonne travail, famille et amis, pour se lancer corps et âme à la recherche de la sphère. Il arpente la couche glaciaire de l'antarctique et les déserts australiens. Il voue son existence à cette quête, jusqu'au jour où...

Quelqu'un découvre par hasard, aux abords d'une grange en pleine campagne, un mystérieux petit carnet, dans lequel sont griffonnés des dessins et des notes. Dans cette grange on découvre un étrange cocon enfermant en son sein une belle endormie, et quelques mètres plus loin, le corps inerte de notre explorateur amateur.

C'est à cet homme et à son rêve que nous rendons hommage. Inspirée par cette histoire vraie et par ce petit carnet retrouvé, la compagnie Haut et Court présente une exposition théâtrale et multimédia,  qui retrace sa folle épopée, une histoire d'amour fantastique, une fantasmagorie utopique.

La compagnie Haut et Court
Joris Mathieu

La compagnie Haut et Court sera la première équipe artistique accueillie en résidence en novembre, au ZOOM, en partenariat avec l’EPCC-Théâtre de Bourg-en-Bresse, dans le cadre des « Insolites ».

Après avoir fait des études supérieures en arts du spectacle, Joris Mathieu fonde la Compagnie Haut et Court à Lyon en 1998. Féru de littérature comme d’arts plastiques, il privilégie l’adaptation à la scène de romans ou de nouvelles qui lui permettent de s’exprimer en tant qu’auteur scénique.

Très vite, la compagnie est repérée sur la scène régionale (résidences au Polaris de Corbas, au Théâtre de Vénissieux). Ainsi, Joris Mathieu est amené à réfléchir sur la place du théâtre au cœur de la cité et à inventer différents projets d’exploration et d’implantation sur un territoire. Il en profite pour développer également des formes en décentralisation.

Au cours de ces années, l’identité artistique de Haut et Court se précise et permet à Joris Mathieu d’affirmer des projets ambitieux dans leurs dimensions poétiques et littéraires comme dans leurs développements technologiques.

Avec Des Anges mineurs puis le Bardo, il entame un compagnonnage avec l’auteur Antoine Volodine, une des figures centrales de l’écriture contemporaine en France. Se revendiquant clairement théâtrales, les formes qu’il produit mêlent intimement image, littérature, illusions d’optique et musique, nouveaux médias et machinerie traditionnelle. Cette écriture singulière s’adresse à tous les sens du spectateur.

Implantée à Lyon, la compagnie a présenté son travail dans de nombreuses salles en Rhône-Alpes (Théâtre de la Croix-Rousse, Les Subsistances, Comédie de Saint- Etienne,...). Son dernier projet, Le Bardo, a bénéficié de nombreuses résidences en France et à l’étranger. Présenté à la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon pendant le Festival d’Avignon 2010, le spectacle va continuer de se déployer dans les années à venir (Comédie de Caen, Scène nationale de Cherbourg, T.U de Nantes…).

La compagnie est depuis cette saison associée à la Scène nationale du Creusot et en compagnonnage à la Comédie de Caen. Elle bénéficie de nombreuses coproductions pour sa prochaine création Urbik/Orbik, à la ville comme à l’univers, autour de l’univers de Philip K. Dick (Comédie de Saint-Etienne, Comédie de Caen, Scènes Nationales du Creusot, d’Alençon et de Sète, T.U de Nantes, Théâtre Monfort...).

Travaillant depuis de nombreuses années sur la question de la pédagogie et de la transmission, Joris Mathieu interviendra à partir de la saison prochaine comme enseignant à la Comédie de Saint-Etienne.

Haut et Court est conventionnée par la DRAC Rhône-Alpes et la Région Rhône-Alpes, subventionnée par la Ville de Lyon et soutenue par le Dicréam, Institut Français et l’Onda.

Dialogue avec
Elisabeth Postel-Vinay

Elisabeth Poste-Vinay travaille au théâtre de Vénissieux, ces mots ont été échangés à l'occasion de la création de la Sphère d'Or en novembre 2011

Elisabeth Postel-Vinay :

Avec La Sphère d’Or vous avez souhaité nous « plonger dans nos rêves de société parfaite » : pourquoi vous êtes-vous intéressé à cette question ? quelle est selon vous son actualité ? comment a cheminé votre réflexion ?

Joris Mathieu :

Tout d'abord, ma première porte d'entrée dans la sphère d'or reste mon goût pour la littérature fantastique et le souvenirs d'avoir rêvé comme de nombreux autres enfants de devenir archéologue et de découvrir des trésors. Ensuite, notre projet est plutôt une manière de s'interroger sur la contagion de la folie. Comment quelqu'un qui croit fermement à une idée farfelue et surnaturelle peut-il réussir à la transmettre? Et comment quelque-chose qui incarne la beauté peut-elle se transformer en une monstruosité selon le regard que l'on pose dessus. L'objet d'art est par excellence ce qui nous met le plus directement face à ces problématiques : comment proposer d'autres mondes et qu'est-ce que le beau? C'est en discutant avec Lorris Murail, qui est l'auteur avec lequel nous travaillons sur le spectacle Urbik / Orbik, que j'ai découvert que René Barjavel avait eu un passé "discutable". Je me suis alors souvenu du plaisir que j'avais eu en lisant ses livres et me suis rendu compte que j'avais complètement occulté l'aspect rétrograde et la présence sous-jacente de certaines visions politiques douteuses.

Il y a certaines chimères qui nous poursuivent et avec lesquelles personne ne sait vraiment quoi faire. Quelque part entre l'immobilisme et l'activisme se situe notre rapport à l'utopie. Quand nous entrons en temps de crise (mais en sortons-nous parfois?) il y a certaines idées qui deviennent plus faciles à faire circuler. Le romanesque est un véhicule discret pour ces idées. On pense bien sûr à notre passé récent, au nazisme, au fascisme et aux dérives du communisme, mais si l'on remonte à la nuit des temps philosophique, la Grèce Antique, on trouve déjà le modèle de l'être supérieur : cultivé et sportif, la tête bien pleine et le corps bien fait.

Aujourd'hui, autour de notre rapport aux technologies se posent les mêmes questions : quel sera le surhomme de demain? Peut-être à mi-chemin entre l'Homme augmenté et la machine, un être humain modifié par la main humaine. L'Homme non comme créature mais comme création. A l'intérieur de la sphère il y a un peu de tout cela, beaucoup de fantastique, le rêve d'un monde meilleur, du romantisme, de la technologie et de la folie.

Elisabeth Postel-Vinay :

Le dispositif scénographique de La Sphère d’Or est inédit : comment l’avez-vous imaginé puis réalisé ?

Joris Mathieu :

Je ne me permettrais pas de dire que le dispositif est inédit. Nous ne nous posons pas cette question quand nous travaillons sur un projet. Nous cherchons surtout à construire des espaces qui permettent au spectateur de rentrer à l'intérieur de la fiction par le prisme de l'image, du climat et des sensations. Pour la sphère d'or, nous avons souhaité renouer avec une certaine tradition du cabinet de curiosité qui propose l'exposition d'un humain singulier au regard du public. Nous sommes face à la bête curieuse, comme dans une foire aux monstres ou comme dans une exposition coloniale finalement. Bien sûr nous avons adapté cette idée en lui donnant une forme plus technologique. Dans cet espace à 360°, il est possible pour le spectateur de choisir son point de vue. A distance : se renforcent les impressions visuelles et la plasticité de l'objet, à très grande proximité de la sphère : la froideur se dissipe et l'on entre plus directement en intimité avec le personnage et sa beauté. Encore une fois, le beau est subjectif et nos perceptions diffèrent. Dans les formes immersives, ce qui prime c'est l'invitation lancée aux spectateurs de se sentir libres de regarder l'objet comme ils le souhaitent, de choisir un point de vue qui leur permettra d'entrer au mieux en relation avec l'histoire. Finalement notre décor fonctionne comme le doigt d'un hypnotiseur. De l'image qui bouge (la sphère) et un point central que l'on fixe (la comédienne). Selon la façon dont on regarde les choses, on se laisse glisser ou non.